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Formation sur les techniques culturales simplifiées et l’agriculture de conservation

Le 16 avril dernier, une douzaine de personnels de l’enseignement agricole et de services déconcentrés ont participé à une formation sur les techniques culturales simplifiées et l’agriculture de conservation.
Depuis l’intégration plus marquée de la notion d’agro-écologie dans les référentiels de formation des diplômes de l’enseignement agricole, plusieurs exploitations des lycées agricoles ont choisi cette orientation technique.

Les enseignants et directeurs d’exploitation des lycées sont demandeurs de références techniques sur ces méthodes innovantes. C’est pourquoi, cette journée technique a été proposée dans le cadre de la formation continue des agents.
Comprenant une partie théorique en salle appuyée par une solide visite de terrain, la formation était animée par Frédéric Thomas, un des précurseurs de l’agriculture de conservation en France.

Présente sur le continent Américain, se développant en Europe et plus particulièrement en France, dans le grand ouest, l’agriculture de conservation repose sur trois principes agronomiques fondamentaux :

  • la rotation des cultures et des couverts végétaux : pour couvrir et protéger la terre contre les intempéries grâce aux différentes plantes et pour entretenir et développer la structure du sol par les racines des cultures.
  • la réduction progressive du travail du sol et du trafic sur les parcelles ; pour nourrir l’activité biologique des sols, protéger les habitats. Cette évolution permet la réorganisation naturelle du sol cultivé, sur le modèle de la prairie. L’activité biologique non perturbée, et tout particulièrement l’activité des lombrics, prend progressivement le relais des interventions mécaniques, en complétant l’organisation et la structuration du sol par les racines.
  • la restitution intégrale des résidus de récolte à la surface du sol car la matière organique est le pilier de la fertilité des sols. Cette pratique agronomique permet de protéger le sol du soleil, du vent et de la pluie.

Protégé par l’ensemble des plantes de la rotation, non perturbé par les outils agraires, le sol développe sa capacité d’infiltration et de filtration de l’eau augmentant sa résistance au ruissellement et diminuant ainsi sa sensibilité à l’érosion.
Cette approche permet de limiter la pollution de l’eau.
Après l’abandon du labour, un sol conduit en agriculture de conservation permet d’obtenir des rendements comparables après 3 à 5 ans de transition et cela pour la plupart des cultures et des situations, à condition de mettre en œuvre une gestion adaptée.
L’agriculture de conservation est donc une approche cohérente qui permet de réaliser des économies et de préserver l’environnement. C’est une démarche technique qui demande plus d’agronomie, de réflexion et d’observation afin d’élaborer une approche « système ».
Ainsi mise en œuvre, l’agriculture de conservation est une des solutions pour permettre de préserver l’intégrité physique du sol, de conserver, enrichir et développer la fertilité de la terre.

Après une formation en BTSA effectuée au LEGTA de Vendôme, suivie de nombreux séjours aux États-Unis et en Australie, Fréderic THOMAS devient professeur d’agronomie en lycée agricole.
Il débute en parallèle son activité de conseil de terrain en matière de simplification du travail du sol. Pour répondre à la demande croissante des agriculteurs, il créé en 1999 la revue « TCS » spécialisée dans les techniques sans labour.
Agriculteur en Sologne, il cultive des terres sableuses hydromorphes à faible potentiel.
En associant les techniques sans travail du sol, la conception de nouvelles rotations de cultures, les couverts végétaux et les apports de compost, il a réussi à améliorer la fertilité de ses sols.
Associant la théorie à la pratique, connecté aux réseaux d’échange européens et internationaux, il est aujourd’hui l’un des acteurs du développement de l’agriculture de conservation en France.