Les revenus et niveaux de vie des ménages agricoles en 2020
Des niveaux de vie élevés parmi les ménages agricoles, mais des disparités importantes selon la région agricole.
Une étude réalisée en partenariat entre l’INSEE et la DRAAF
En 2020, 18 100 ménages agricoles résident en Centre-Val de Loire. Le niveau de vie médian de leurs membres (25 100 euros par an) est plus élevé que celui des ménages actifs, notamment dans le nord de la région. C’est également dans cette partie du territoire régional que les revenus agricoles représentent la plus forte part du revenu disponible total de ces ménages. En Centre-Val de Loire, les écarts de niveau de vie entre les plus aisés et les plus modestes sont plus marqués parmi les ménages agricoles que parmi l’ensemble des ménages actifs. Ces écarts sont plus élevés dans le Cher. Les niveaux de vie peuvent en effet être très bas : 13,3 % des membres des ménages agricoles vivent sous le seuil de pauvreté dans la région, proportion plus élevée dans le Cher et l’Indre. À l’opposé, le niveau de vie des 10 % des individus des ménages agricoles les plus aisés est supérieur de 35,1 % à celui des 10 % des individus des ménages actifs les plus aisés.
Des revenus agricoles très fluctuants
Le revenu tiré de l’activité agricole par les exploitants varie fortement : la météo influe sur le niveau de production et sa qualité, les contextes économiques et géopolitiques mondiaux influencent les prix des produits, mais également les coûts de production (énergie, fertilisants, produits phytosanitaires, etc.). L’enquête Réseau d’information comptable agricole (Rica), menée par le service statistique du ministère en charge de l’agriculture, permet de suivre chaque année les résultats économiques des moyennes et grandes exploitations agricoles. Un des indicateurs les plus pertinents à disposition est le solde disponible par équivalent temps plein non salarié. Il correspond à l’excédent brut d’exploitation duquel sont soustraits les charges financières, les charges sociales de l’exploitant, le remboursement des emprunts à moyen et long terme. Le solde est ramené au temps de travail des chefs d’exploitation.
Sur la région, il s’élève en moyenne à 19 870 € en 2020 ; il chute à seulement 5 530 € en 2024, après avoir atteint 65 410 € en 2022. De même, on observe des écarts importants selon les orientations technico-économiques : les autres grandes cultures, les bovins lait et la viticulture sont plus rémunérateurs que les autres secteurs en moyenne sur la période 2020-2024. Par ailleurs, ces secteurs connaissent des évolutions différentes : le solde disponible des exploitants spécialisés en bovins lait les positionnait au 4e rang en 2021, il est le plus élevé pour ces derniers en 2024, bien qu’en baisse par rapport à 2023. Les résultats de l’année 2020 décrits dans cette étude ne portent donc que sur l’année en question et peuvent refléter une réalité différente les années suivantes. Ils ont toutefois l’avantage de refléter la situation de l’ensemble des acteurs de l’agriculture alors que l’enquête RICA ne concerne que les moyennes et grandes exploitations.
Pour en savoir plus :
Une pauvreté monétaire des ménages agricoles en moyenne plus faible en Centre-Val de Loire qu’au niveau national mais qui cache de fortes disparités
Au sein des ménages agricoles, l’activité des exploitations n’est pas la principale source de revenus. En 2020 en Centre-Val de Loire, les bénéfices agricoles arrivent ainsi en 2eposition, après les autres revenus d’activité. Le taux de pauvreté monétaire des personnes de ces ménages est plus faible dans la région (13,3 %) que dans l’Hexagone (16,2 %), mais cette moyenne masque de fortes disparités selon la composition du ménage et le profil d’exploitation. La part de personnes vivant sous le seuil de pauvreté atteint ainsi 27,8 % quand l’exploitant agricole est le seul pourvoyeur de ressources du ménage. Le niveau de vie médian croît avec la taille économique de l’exploitation, passant de 23 400 € pour les microexploitations à 30 000 € pour les grandes. Les situations sont également très variables selon l’orientation technico-économique (OTEX) des exploitations, avec un niveau de vie médian supérieur pour les orientations végétales.
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